Pays de vignes dorées et de collines calcaires entre Saône et Grosne, le Mâconnais est l'une des terres les plus harmonieuses de la Bourgogne, où les grands vins blancs de Pouilly-Fuissé et de Viré-Clessé côtoient les abbayes romanes de Cluny et de Tournus, et où la mémoire mélancolique de Lamartine plane sur chaque coteau et chaque vallon.
Un aperçu en images des joyaux du Mâconnais
Le Mâconnais est l'un des territoires les plus harmonieux et les plus attachants de la Bourgogne. Ce pays de collines calcaires, de vignobles dorés et de vallons verdoyants, entre la Saône à l'est et la Grosne à l'ouest, fut de tout temps une terre de passage et d'échanges entre le Nord et le Midi, entre la Bourgogne et le Lyonnais. Son histoire est profondément liée à celle de la Bourgogne médiévale, dont il constitua l'une des marches méridionales les plus actives et les plus disputées.
Le Mâconnais fut le berceau de l'une des plus grandes révolutions spirituelles du Moyen Âge : la réforme clunisienne. L'abbaye de Cluny, fondée en 910 par des moines venus de Baume-les-Messieurs, devint en quelques décennies le centre de la chrétienté occidentale, comptant plus de 1 000 monastères affiliés dans toute l'Europe. Son abbatiale, la plus grande église de la chrétienté avant Saint-Pierre de Rome, témoigne encore aujourd'hui — dans ses ruines majestueuses — de la grandeur de cette civilisation monastique. La réforme clunisienne, qui prôna l'indépendance des monastères vis-à-vis des pouvoirs laïcs, fut l'une des forces motrices de la renaissance culturelle et artistique du XIe siècle.
Le Mâconnais est aussi la terre de Lamartine. Le poète romantique, né à Mâcon en 1790, grandit dans les collines et les vignobles du Mâconnais, dont les paysages mélancoliques nourrirent toute son œuvre poétique. Ses « Méditations poétiques » (1820), qui inaugurèrent le romantisme français, sont imprégnées des paysages du Mâconnais — le lac du Bourget, les collines de Milly, les vignobles de Pierreclos. Lamartine, qui fut aussi un homme politique de premier plan (il proclama la République en 1848), est la figure tutélaire du Mâconnais, dont il incarne à la fois la beauté mélancolique et la grandeur historique.
Mâcon, capitale du Mâconnais, ses quais de Saône, son musée, sa cathédrale Saint-Vincent et sa maison Lamartine.
Les grands vins blancs du Mâconnais méridional, la Roche de Solutré, les villages de Fuissé, Vergisson et Chaintré.
Le pays natal de Lamartine, ses collines, ses vignobles, le château de Pierreclos et la demeure familiale de Milly.
Les vignobles de Viré et de Clessé, leurs vins blancs de chardonnay, leurs caves coopératives et leurs traditions viticoles.
Les grandes dates qui ont façonné le Mâconnais
La Roche de Solutré, falaise calcaire dominant les vignobles du Mâconnais méridional, a donné son nom à une civilisation préhistorique : le Solutréen (22 000-17 000 ans avant J.-C.). Le gisement solutréen, découvert en 1866 par Adrien Arcelin, a livré des milliers d'ossements de chevaux et des outils en silex d'une finesse remarquable. Ce site est l'un des plus importants de la préhistoire européenne.
En 910, l'abbé Bernon, venu de Baume-les-Messieurs, fonde l'abbaye de Cluny grâce à la générosité du duc Guillaume d'Aquitaine. Cette fondation, l'une des plus importantes de l'histoire chrétienne, donnera naissance à l'ordre clunisien qui comptera plus de 1 000 monastères dans toute l'Europe. L'abbatiale de Cluny, achevée au XIIe siècle, sera pendant cinq siècles la plus grande église de la chrétienté.
Le XIe et le XIIe siècle voient l'apogée de l'ordre clunisien et l'essor de l'art roman dans le Mâconnais. Des dizaines d'églises romanes sont construites dans les villages du territoire — Berzé-la-Ville, Blanot, Chapaize — témoignant d'une activité artistique d'une grande intensité. Les fresques de Berzé-la-Ville, peintes par des artistes clunisiens au XIIe siècle, sont parmi les plus belles de l'art roman français.
En 1239, le comte de Mâcon vend son comté au roi de France Saint Louis. Cette vente, l'une des plus importantes de l'histoire de la Bourgogne méridionale, intègre définitivement le Mâconnais au domaine royal. Le Mâconnais devient une sénéchaussée royale, administrée par un sénéchal nommé par le roi.
Alphonse de Lamartine naît à Mâcon le 21 octobre 1790. Fils d'une famille de petite noblesse du Mâconnais, il grandit dans les collines et les vignobles du territoire, dont les paysages mélancoliques nourriront toute son œuvre poétique. Ses « Méditations poétiques » (1820) inaugurent le romantisme français et font de lui l'un des poètes les plus célèbres de son temps.
Le 25 février 1848, Lamartine, chef du gouvernement provisoire, proclame la République depuis l'Hôtel de Ville de Paris. Son discours, l'un des plus beaux de l'histoire politique française, est un hymne à la liberté et à la fraternité. Mais sa défaite à l'élection présidentielle de décembre 1848 — il n'obtient que 0,26 % des voix face à Louis-Napoléon Bonaparte — marque la fin de sa carrière politique.
Le XXe siècle voit l'essor des appellations viticoles du Mâconnais — Pouilly-Fuissé (1936), Mâcon-Villages, Saint-Véran, Viré-Clessé — et le développement du tourisme culturel autour du patrimoine roman et lamartinien. La Roche de Solutré, associée à François Mitterrand, devient l'un des sites les plus visités de Bourgogne. Le Mâconnais est aujourd'hui l'une des destinations touristiques les plus prisées de la Bourgogne méridionale.
Les édifices et sites qui forgent l'identité du Mâconnais
L'abbaye de Cluny, fondée en 910, fut pendant cinq siècles le centre de la chrétienté occidentale. Son abbatiale, la plus grande église de la chrétienté avant Saint-Pierre de Rome, fut en grande partie détruite à la Révolution. Ses ruines majestueuses, son musée et ses bâtiments conventuels témoignent encore de la grandeur de cette civilisation monastique exceptionnelle.
La Roche de Solutré, falaise calcaire dominant les vignobles du Mâconnais, est l'un des sites préhistoriques les plus importants de France. Son gisement a donné son nom au Solutréen (22 000-17 000 av. J.-C.). Associée à François Mitterrand, qui y effectuait chaque Pentecôte une ascension symbolique, elle est l'un des sites les plus visités de Bourgogne.
La chapelle des Moines de Berzé-la-Ville conserve les fresques romanes les mieux préservées du Mâconnais. Peintes au début du XIIe siècle par des artistes clunisiens, elles représentent le Christ en majesté entouré des apôtres. Leur qualité artistique et leur état de conservation en font l'un des chefs-d'œuvre de l'art roman français.
La maison natale de Lamartine à Mâcon, aujourd'hui musée, conserve des souvenirs, des manuscrits et des portraits du poète romantique. Ses collections témoignent de la vie et de l'œuvre d'un homme qui fut à la fois le plus grand poète de son temps et l'un des hommes politiques les plus importants de la IIe République.
Le château de Pierreclos, perché sur un éperon rocheux dominant les vignobles du Mâconnais, est l'un des châteaux forts les mieux conservés de la région. Lamartine y situa l'action de son roman « Jocelyn » et y passa une partie de son enfance. Ses tours, ses remparts et ses caves à vins témoignent d'une histoire médiévale intense.
Le Pouilly-Fuissé, l'un des grands vins blancs de Bourgogne, est produit sur les coteaux calcaires du Mâconnais méridional. Ses vins de chardonnay, d'une élégance et d'une minéralité remarquables, sont parmi les plus appréciés des amateurs de vins blancs dans le monde entier. Les villages de Fuissé, Vergisson, Chaintré et Solutré-Pouilly constituent l'aire d'appellation.
Ceux qui ont marqué l'histoire et l'âme du Mâconnais
Découvrez les territoires historiques limitrophes
Sources et ressources touristiques officielles
Portail officiel du tourisme dans le Mâconnais, avec toutes les informations sur les sites patrimoniaux et les vignobles.
Site officiel de l'office de tourisme de Cluny, informations sur l'abbaye et le patrimoine roman.
Portail régional du tourisme avec des informations sur tous les territoires de la Bourgogne historique.