Sur ses coteaux calcaires dominant la Loire, le Sancerrois produit l'un des vins blancs les plus célèbres du monde. Sa colline couronnée par la Tour des Fiefs, ses villages de tuffeau et ses vignes de sauvignon blanc composent un paysage d'une beauté lumineuse et sereine, marqué par la résistance héroïque de ses habitants protestants.
Le Sancerrois occupe la partie orientale du département du Cher, sur la rive gauche de la Loire. Ses coteaux calcaires, exposés au sud et au sud-est, portent les vignes de l'appellation Sancerre — l'une des plus réputées au monde pour ses sauvignons blancs et ses pinots noirs. La colline de Sancerre, dominant la Loire de 312 mètres, offre un panorama exceptionnel sur le val de Loire et les coteaux du Nivernais.
Le paysage du Sancerrois est celui des vignes et des coteaux. Les villages de Chavignol, Bué, Crézancy-en-Sancerre et Verdigny s'égrènent entre les rangs de vigne. La Loire, fleuve royal, borde le territoire à l'est, créant une frontière naturelle avec le Nivernais. Les terres argilo-calcaires, les silex et les caillottes donnent aux vins de Sancerre leur minéralité caractéristique. Bourges est à 45 kilomètres à l'ouest, Nevers à 30 kilomètres à l'est.
Le Sancerrois fut, dès l'Antiquité, un carrefour stratégique entre le Berry et le Nivernais. La Loire, voie de communication majeure, faisait de ce territoire un point de passage obligé. Les Bituriges Cubi contrôlaient ces rives avant la conquête romaine. Sous l'Empire, des villae gallo-romaines exploitaient les terres fertiles des coteaux.
Au Moyen Âge, Sancerre devint une place forte importante. Les comtes de Champagne, puis les comtes de Berry, se disputèrent ce verrou stratégique sur la Loire. Le château de Sancerre, dont il ne reste que la Tour des Fiefs, fut l'une des forteresses les plus puissantes du Berry médiéval. La ville, perchée sur sa colline, était réputée imprenable.
La Réforme protestante marqua profondément le Sancerrois. La ville devint l'un des bastions du protestantisme en Berry. Lors des guerres de Religion, Sancerre fut assiégée par les troupes royales catholiques en 1572-1573, après la Saint-Barthélemy. Le siège dura huit mois. Les habitants, réduits à manger du cuir et des rats, refusèrent de se rendre. Jean de Léry, pasteur et ethnographe, vécut ce siège et en laissa un récit saisissant. La ville finit par capituler, mais sa résistance héroïque entra dans la légende protestante.
La vigne, présente dans le Sancerrois depuis l'Antiquité, connut son essor commercial au XVIIe siècle grâce au trafic fluvial sur la Loire. Les vins de Sancerre étaient expédiés par bateau jusqu'à Paris et dans les ports de l'Atlantique. L'appellation Sancerre, reconnue en AOC en 1936, consacra la réputation mondiale de ces vins. Le crottin de Chavignol, fromage de chèvre AOP produit dans le village voisin, compléta la renommée gastronomique du territoire.
Le Sancerrois est un pays de lumière et de vin. Ses coteaux dorés en automne, ses villages de pierre blanche, sa colline couronnée par la Tour des Fiefs et dominant la Loire composent l'un des paysages les plus harmonieux de la France centrale. C'est un territoire de convivialité et de plaisir, où les caves de dégustation accueillent les visiteurs du monde entier venus découvrir le sauvignon blanc le plus célèbre de France.
La gastronomie du Sancerrois est indissociable de ses vins : le crottin de Chavignol AOP, les rillettes de brochet de Loire, les fromages de chèvre, les tartes aux fruits du terroir accompagnent les blancs minéraux et les rouges de pinot noir. Les foires aux vins, les dégustations dans les caves troglodytiques, les randonnées dans les vignes font du Sancerrois une destination œnotouristique de premier plan.
Le Sancerrois est cette colline de lumière où la vigne et l'histoire se mêlent inextricablement — ses sauvignons blancs aux reflets d'or pâle, ses coteaux calcaires dominant la Loire et ses remparts qui résistèrent huit mois au siège royal composent un territoire où la beauté et la mémoire sont également présentes, et également inoubliables.