Massif granitique au cœur de la Bourgogne, le Morvan est une terre de forêts profondes, de lacs et de tourbières, où la mémoire gauloise de Vercingétorix et la résistance héroïque des maquisards de la Seconde Guerre mondiale se mêlent aux traditions des nourrices morvandelles et aux paysages sauvages d'une nature préservée.
Un aperçu en images des joyaux du Morvan
Le Morvan est l'un des territoires les plus singuliers et les plus attachants de la Bourgogne. Ce massif granitique, qui culmine au Haut-Folin (901 m), est une île de nature sauvage au cœur d'une Bourgogne agricole et viticole. Ses forêts profondes, ses lacs, ses tourbières et ses rivières tumultueuses lui donnent un caractère à part, qui l'a longtemps isolé du reste de la province. Le Morvan fut de tout temps une terre de pauvreté et de résistance, où les habitants — les « Morvandiaux » — développèrent une identité forte, nourrie par l'adversité et la solidarité.
Le Morvan est d'abord une terre gauloise. Bibracte, la capitale des Éduens sur le mont Beuvray, fut l'une des plus grandes villes gauloises de France. C'est là que Vercingétorix fut élu chef de la coalition gauloise contre César en 52 av. J.-C., lors d'une assemblée de chefs gaulois qui décida du destin de la Gaule. La bataille d'Alésia, qui suivit quelques mois plus tard, vit la défaite de Vercingétorix et la conquête définitive de la Gaule par Rome. Bibracte, abandonnée après la conquête romaine, fut redécouverte par l'archéologue Jean-Gabriel Bulliot en 1867. Ses fouilles, poursuivies jusqu'à aujourd'hui, ont révélé une ville de 200 hectares, avec ses maisons, ses ateliers, ses sanctuaires et ses fortifications.
Le Morvan fut aussi l'un des principaux foyers de la Résistance en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses forêts profondes abritèrent des milliers de maquisards — le maquis Bernard, le maquis Camille, le maquis Socrate — qui menèrent des actions de sabotage contre les lignes de communication allemandes. La libération du Morvan en septembre 1944, à laquelle participèrent les forces françaises libres du colonel Chevrier et les maquisards locaux, est l'une des pages les plus glorieuses de la Résistance française. Le musée de la Résistance en Morvan, à Saint-Brisson, retrace cette épopée héroïque avec une collection de documents et d'objets d'une grande richesse.
Le Haut-Morvan, avec ses sommets, ses forêts de résineux et ses tourbières, est le cœur sauvage du massif. Château-Chinon en est la capitale.
Le Bas-Morvan, plus doux et plus ouvert, est le pays des lacs et des rivières. Lormes et Corbigny en sont les principales villes.
Aux portes du Morvan, Vézelay et sa basilique romane, point de départ de la deuxième croisade et lieu de pèlerinage millénaire.
Le mont Beuvray et son oppidum gaulois de Bibracte, capitale des Éduens et lieu de l'élection de Vercingétorix.
Les grandes dates qui ont façonné le Morvan
Bibracte, capitale des Éduens sur le mont Beuvray, est fondée au IIe siècle avant J.-C. Cette ville gauloise de 200 hectares, entourée de remparts en pierre sèche (le murus gallicus), est l'une des plus grandes villes de la Gaule. Elle abrite des artisans, des marchands, des prêtres et des guerriers, et constitue le centre politique et économique du peuple éduen.
En 52 av. J.-C., à Bibracte, Vercingétorix est élu chef de la coalition gauloise contre César. Cette élection, l'une des plus importantes de l'histoire de la Gaule, décide du destin de la Gaule indépendante. La bataille d'Alésia, qui suit quelques mois plus tard, voit la défaite de Vercingétorix et la conquête définitive de la Gaule par Rome. Vercingétorix, fait prisonnier, sera exécuté à Rome six ans plus tard.
Le 31 mars 1146, saint Bernard de Clairvaux prêche la deuxième croisade depuis la colline de Vézelay, aux portes du Morvan. Sa prédication, l'une des plus puissantes de l'histoire médiévale, entraîne des milliers de croisés à prendre la croix. La deuxième croisade, qui se soldera par un échec, est l'un des épisodes les plus importants de l'histoire des croisades.
Du XVIIe au XIXe siècle, le Morvan est le principal fournisseur de nourrices de Paris. Des milliers de femmes morvandelles — les « Galvachers » — quittent chaque année le Morvan pour aller allaiter les enfants des familles bourgeoises parisiennes. Cette tradition, qui permit à de nombreuses familles morvandelles de survivre à la pauvreté du massif, est l'une des plus originales de l'histoire sociale de la France.
En 1867, l'archéologue Jean-Gabriel Bulliot commence les fouilles du mont Beuvray et découvre le site de Bibracte. Ses fouilles, poursuivies pendant trente ans, révèlent une ville gauloise d'une richesse exceptionnelle. Ses travaux sont fondateurs de l'archéologie gauloise en France. Napoléon III, passionné par l'histoire de la Gaule, soutient financièrement ses fouilles.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Morvan devient l'un des principaux foyers de la Résistance en France. Ses forêts abritent des milliers de maquisards — le maquis Bernard, le maquis Camille — qui mènent des actions de sabotage contre l'occupant. La libération du Morvan en septembre 1944 est l'une des pages les plus glorieuses de la Résistance française.
En 1970, le Parc naturel régional du Morvan est créé pour protéger et valoriser le patrimoine naturel et culturel du massif. Ce parc, l'un des premiers de France, couvre 290 000 hectares et englobe les quatre départements de la Nièvre, de la Côte-d'Or, de la Saône-et-Loire et de l'Yonne. Il est aujourd'hui l'un des parcs naturels régionaux les plus visités de France.
Les édifices et sites qui forgent l'identité du Morvan
Bibracte, capitale des Éduens sur le mont Beuvray, est l'un des sites archéologiques les plus importants de France. C'est là que Vercingétorix fut élu chef de la coalition gauloise contre César en 52 av. J.-C. Son musée, ouvert en 1996, est l'un des plus modernes de France et présente les résultats de 150 ans de fouilles archéologiques.
La basilique de Vézelay, chef-d'œuvre de l'art roman bourguignon, fut le point de départ de la deuxième croisade prêchée par saint Bernard en 1146. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est l'un des monuments les plus visités de Bourgogne. Son tympan du portail central, représentant la Pentecôte, est l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture romane.
Le musée de la Résistance en Morvan, à Saint-Brisson, retrace l'épopée des maquisards du Morvan pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses collections de documents, d'armes, d'uniformes et d'objets personnels témoignent du courage et de la solidarité des résistants morvandels. Une visite émouvante et instructive.
Le lac des Settons, créé en 1858 pour alimenter le canal du Nivernais, est l'un des plus grands lacs de Bourgogne. Ses eaux bleues, ses plages et ses forêts de pins en font l'une des destinations de loisirs les plus prisées du Morvan. La pêche, la voile, le kayak et la randonnée y attirent chaque année des milliers de visiteurs.
Château-Chinon, capitale du Morvan et ville de François Mitterrand, abrite le musée du Septennat, consacré aux cadeaux offerts à Mitterrand pendant ses deux mandats présidentiels. Ses collections — objets d'art, bijoux, sculptures — témoignent de la diversité des cultures du monde entier. Un musée original et attachant.
La cascade de Gouloux, l'une des plus belles du Morvan, se jette dans les gorges de la Cure depuis une hauteur de 15 mètres. Entourée de forêts de hêtres et de fougères, elle est l'un des sites naturels les plus pittoresques du massif. Un sentier de randonnée permet de l'atteindre depuis le village de Gouloux.
Ceux qui ont marqué l'histoire et l'âme du Morvan
Découvrez les territoires historiques limitrophes
Sources et ressources touristiques officielles
Site officiel du Parc naturel régional du Morvan, avec toutes les informations sur les activités, les sentiers et le patrimoine.
Site officiel du musée de Bibracte et du centre archéologique européen du mont Beuvray.
Portail régional du tourisme avec des informations sur tous les territoires de la Bourgogne historique.